@waidami
Société

L’Afrique et Le Syndrome de Stockholm

Partager

Guy est entrepreneur dans les Nouvelles Technologies et vit en Europe de l’Ouest. Il revient régulièrement à Fongolémi-les-Bains pour participer à des appels d’offres dans le cadre du développement de sa PME. Accompagné de son collaborateur européen de souche (pour ne pas dire blanc) il rencontre régulièrement des haut-fonctionnaires de notre très chère République de Fongolémi. Et à chacune de ses rencontres se produit un phénomène très curieux, son interlocuteur se tourne vers son collaborateur pensant s’adresser au Responsable de l’entreprise.

Combien d’histoires similaires vécues…directement ou à travers vos relations ? On en parle souvent avec un sourire en coin, parfois une certaine frustration ou incompréhension. Et finalement, en faisant une introspection (en toute honnêteté) nous nous rendons compte que de façon quasi inconsciente nous attribuons un crédit positif à l’homme blanc au détriment de nos semblables noirs. Oui, et cela même parmi nos intellectuels des plus éminents. Sans aller dans des débats philosophiques ou idéologiques, nous le vivons dans des situations beaucoup plus quotidiennes. Une maison à louer, une voiture à vendre, un business à monter….nous donnons une préférence au blanc au détriment du noir; sans en faire une généralisation absolue.

Intériorisations et transmissions du discours et de la perception du Colonisateur envers le Colonisé ? Relents de périodes troubles et sombres de l’Histoire du Continent africain. Bref, quand il s’agit de discuter de relations dominant-dominé dans un Monde qui déclare l’égalité, la liberté et la dignité de tous les êtres humains en droits (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme). Après plus de 50 ans d’Indépendance des anciennes colonies africaines, le débat a eu lieu même s’il n’est pas encore épuisé.

Sans vouloir verser dans certaines idéologies, notre indépendance passera par ce travail intellectuel de repositionner dans nos esprits le Noir par rapport aux autres et pas uniquement par des stratégies économiques ou des programmes de développement. Il nous faudra nous libérer de ce qui ressemble à un Syndrome de Stockholm; phénomène psychologique observé chez des otages ayant vécu une période prolongée avec leurs geôliers. En pareil situation, ils développent alors une empathie et même une certaine sympathie à l’égard de ceux-ci, épousant leur cause selon des mécanismes complexes d’identification et de survie. Les Africains, ne vivraient-ils pas tout simplement le même syndrome à l’égard de leurs anciens colonisateurs ?

Wakh sa xalat


Partager